Le 10 juin 2025, l’aérodrome de Toulouse-Francazal a été le théâtre d’un exercice de sécurité civile d’envergure, simulant un accident aérien majeur avec de nombreuses victimes. Ce scénario réaliste visait à tester la mise en œuvre des plans ORSEC NOVI (organisation de la réponse de sécurité civile) « nombreuses victimes » et le plan « aérodrome Francazal », récemment révisés ou approuvés.

Un scénario catastrophe parfaitement maîtrisé
À 11h55, un avion d’affaires de type Embraer, transportant l’équipe de France de tennis de table de retour d’un stage au CREPS de Toulouse, décolle de la piste 11. À peine quelques minutes plus tard, une panne moteur gauche contraint l’équipage à tenter un retour d’urgence. L’alerte est immédiatement donnée par l’agent SSLIA, qui déclenche le klaxon Crash et mobilise les premiers moyens du service SSLIA.
À 12h00, l’appareil atterrit violemment en zone civile et termine sa course dans un hangar occupé par la société de maintenance aéronautique Airplane. Le bilan fictif est lourd : 77 victimes simulées, réparties entre les passagers de l’avion, les personnels du hangar et les alentours immédiats.

Une coopération interservices exemplaire
Face à ce scénario, le préfet de la Haute-Garonne active les dispositions générales du plan ORSEC NOVI ainsi que celles propres à l’aérodrome de Francazal. L’objectif : assurer une réponse rapide, efficace et coordonnée de tous les acteurs de la chaîne de secours (services de secours, autorités locales, services techniques, etc.) pour protéger les populations, limiter les conséquences de l’accident et secourir les victimes.
En cas d’évènement grave, menaçant la sécurité du public, le préfet décide d’activer le dispositif ORSEC et prend alors la direction des opérations. Il a un rôle central de pilotage, d’arbitrage et de décision pour garantir la sécurité des populations et la maîtrise de la crise.
Il coordonne l’ensemble des moyens publics et privés mobilisés pour faire face à l’accident majeur.
- Il décide des mesures exceptionnelles (évacuations, confinement, réquisition, coupure d’infrastructures).
- Il veille à la mise en œuvre des plans d’urgence (plan ORSEC, plan particulier d'interventions "PPI", etc.).
- Il arbitre les conflits de compétences ou les demandes de moyens supplémentaires entre les différents services.
La coopération des acteurs de la chaîne de secours (SDIS et Samu) est très bonne en Haute-Garonne avec une relation partenariale très étroite entre ces deux services.

Le rôle des sapeurs-pompiers de la Haute-Garonne
Le SDIS de la Haute-Garonne a joué un rôle central dans la gestion de cet exercice, mobilisant ses moyens techniques, ses savoir-faire spécifiques et près de 45 agents (personnel d’intervention, encadrement, logistique, commandement, soutien sanitaire et psychologique).
Cet exercice a ainsi permis de tester :
- Les modalités d’alerte et de réponse immédiate ;
- La mise en œuvre du poste médical avancé (PMA) ;
- La prise en charge psychologique des victimes, impliqués et familles ;
- La coordination entre les services de secours, de sécurité, la préfecture et les services du procureur ;
- L’utilisation des outils de dénombrement et d’identification des victimes ;
- La communication de crise en situation sensible ;
- La remise en service post-accident de l’aérodrome.

Un enjeu de préparation collective
Ce test grandeur nature s’inscrit dans la dynamique du centre de réponse à la catastrophe (CRC)* et a également servi de support pédagogique aux étudiants de la capacité « médecine de catastrophe » de Toulouse.
Il illustre pleinement la technicité des équipes du SDIS 31, leur capacité à intervenir dans un contexte complexe, et surtout la qualité de la coopération interservices : forces de l’ordre, préfecture, ARS, CHU, les services du procureur, aviation civile, société Airplane, sécurité de l’aérodrome, etc.
* Le CRC a été créé en 2019 par les les services du CHU et du SAMU, le SDIS de la Haute-Garonne, l’ARS et la préfecture de la Haute-Garonne. Le CRC a été une réponse concrète, effective à ces situations de crises – comme la mise en place des vaccinodromes pendant l’épidémie de Covid. Le CRC comprend également un volet formation et recherche avec l’Université Toulouse III.

Un rendez-vous réussi, tourné vers l’amélioration continue
Au-delà du scénario dramatique simulé, cet exercice a permis à tous les acteurs de renforcer leur coordination, valider les procédures et identifier les points d’amélioration, dans un objectif commun : assurer une réponse rapide, efficace et coordonnée face à une catastrophe réelle.

Date de publication : vendredi 13 juin 2025