Au 75e kilomètre, Michaël Bouche dépasse le coureur de tête et commence à croire à la victoire. Le 26 septembre 2026, il s’impose sur le 100 km de Millau en moins de sept heures. Militaire et sapeur-pompier volotaire au SDIS 31, il revient sur sa préparation et sur la façon dont il concilie sport, travail et engagement.

D’où vient ta passion pour ce sport ?

Mon père, passionné de sport et speaker à ses heures perdues, m’a fait découvrir le judo, le foot puis l’athlétisme. Je suis resté à la course à pied : on peut la pratiquer partout, et elle est très présente dans le milieu militaire.

J’ai découvert la région et le 100 km de Millau grâce à mon ami Angel Galant, pompier professionnel à la caserne de Ramonville-Buchens. Il m’a accompagné pour reconnaître le parcours en deux sorties, un mois avant la course. Le jour J, il était là pour m’encourager et m’aider aux ravitaillements, avec Thomas Chamayou, pompier professionnel à Ramonville et lui aussi devenu un ami.

Le meilleur moment ? Quand j’ai dépassé le premier coureur, au 75e kilomètre. J’ai alors commencé à croire à la victoire, même si les dix derniers kilomètres ont été très difficiles mentalement.

Quelle est ton activité principale ?

Je suis militaire, auxiliaire sanitaire parachutiste. J’exerce des missions de brancardage et de soins aux victimes, dans le domaine du secours à personne, comme les sapeurs-pompiers.

Pourquoi as-tu choisi l’engagement volontaire, et depuis quand es-tu SPV ?

Je suis sapeur-pompier volontaire depuis plus de cinq ans. Au départ, je voulais prolonger auprès de la population civile l’engagement que j’avais à l’armée. Je continue aujourd’hui parce que j’y retrouve des valeurs communes avec le monde militaire et le sport : le dépassement de soi, la cohésion et la solidarité. J’y ai aussi noué de belles amitiés.

Comment concilies-tu ton activité professionnelle, ton engagement de SPV et ta pratique sportive ?

Ce n’est pas toujours simple de faire tenir ensemble le travail, le volontariat, le sport et la vie personnelle. Les créneaux sportifs prévus le matin à l’armée ne suffisent pas toujours pour les sorties longues. Pour maintenir mon niveau, je m’entraîne presque tous les jours, parfois deux fois par jour, jusqu’à six jours sur sept. J’alterne les séances spécifiques et préparation physique générale avec un coach.

Cela demande de l’adaptabilité et des compromis. Les cross, les missions, les sauts en parachute ou la météo peuvent bousculer le programme.

Quand on prépare un 100 km, comment organises-tu ces sorties longues avec les gardes et les astreintes, en plus du travail ?
Une préparation de 100 km demande beaucoup de kilomètres. Je programme souvent les sorties longues le week-end, selon mon emploi du temps et les gardes et astreintes. Il faut aussi ajuster les séances aux obligations militaires et aux disponibilités pour le volontariat. L’organisation se fait au fil des semaines : la régularité compte, mais il faut savoir s’adapter.

Trouves-tu des valeurs communes entre le sport et l’engagement de SPV ?

Oui : le dépassement de soi, l’effort et le sacrifice, mais aussi la cohésion et la solidarité. Je participe régulièrement aux cross pompiers et j’ai terminé troisième du championnat de France pompiers en 2026. L’activité physique est primordiale dans cet engagement.

Que dirais-tu à quelqu’un qui hésite à s’engager comme SPV ?

Il faut avoir du temps à consacrer à cet engagement et se projeter sur le long terme. Une bonne condition physique et l’esprit d’équipe sont importants. Il faut aussi accepter qu’être polyvalent demande du temps et du travail : l’humilité et la curiosité aident à progresser. Enfin, il faut avoir envie de faire du secours à personne, qui représente la majeure partie de l’activité.

Quels sont tes prochains défis sportifs ?

Je vise un record personnel au 10 km de la Prom’Classic, puis au marathon de Séville, avec un objectif de 2 h 15. Je poursuivrai aussi les cross civils, militaires et pompiers. Et pourquoi pas les championnats du monde de 100 km !

Date de publication lundi 10 octobre 2026