Sapeur-pompier professionnel au SDIS 31, Émile Blondel Hermant vient de décrocher son 2ᵉ titre mondial de duathlon, ce dimanche 6 septembre en Suisse, après un premier sacre en 2024. L’occasion de revenir sur son parcours hors du commun. Nous avons pu lui poser quelques questions pour en savoir plus sur son parcours.

D’où vient votre passion pour ce sport ?

De mes parents ! Tous deux éducateurs sportifs, ils m’ont initié très tôt au triathlon.
J’ai intégré la sélection de l’équipe de France junior puis avec la scolarité, il a été difficile de continuer à ce niveau d’exigence.
Ensuite, j’ai pu suivre une licence de droit dans un cursus aménagé pour sportif de haut niveau.

Et vous êtes devenu sapeur-pompier…

En effet, le sport restait mon objectif premier, mais l’idée de devenir sapeur-pompier professionnel ne m’a jamais quitté. J’ai alors rejoint la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), puis après avoir réussi le concours d’officier, j’ai intégré le SDIS de l’Aube en tant qu’officier de garde. J’ai continué comme adjoint au chef de centre au SDIS du Nord avant de descendre dans le Sud pour la qualité de vie. On m’avait aussi parlé du département et du SDIS 31 qui étaient particulièrement dynamiques sur le plan sportif.

Comment arrivez-vous à lier votre carrière de sapeur-pompier et votre carrière de sportif de haut niveau ?

Cela dépend des postes occupés, certains étant plus faciles à concilier avec le sport. Il y a notamment des périodes plus compliquées à gérer comme lorsqu’il faut poser des congés afin de participer à des compétitions ou à des stages, ainsi que pour les récupérations. De même, selon les périodes de préparation, les gardes de nuit ne sont pas toujours simples à gérer et je dois ajuster mon planning régulièrement.

Même s’il existe une certaine flexibilité dans mon travail, ce n’est pas toujours évident. C’est une vie menée à 200 à l’heure, mais quand on aime ce qu’on fait, c’est faisable, même si c’est usant au quotidien. Et puis, il est important pour moi de garder une stabilité à la fois du côté professionnel et du côté sportif.

Comment le sport et votre métier de sapeur-pompier se complètent-ils ?

Les deux se rejoignent sur de nombreuses valeurs communes. Le sport m’apporte de la rigueur au quotidien, un sérieux dans l’entraînement et m’apporte une bonne condition physique nécessaire pour exercer le métier de sapeur-pompier.
En ce qui concerne mon travail, le contact humain et le monde des sapeurs-pompiers sont enrichissants au quotidien : cela m’offre une vision extérieure, différente de celle d’un sportif qui reste accroché à ses entraînements et sa vie sportive. C’est une ouverture d’esprit et aussi, sur le plan social, un épanouissement personnel. Pour moi, il est important de garder ce contact avec le monde professionnel.“

Vous êtes actuellement chef de salle opérationnelle au CTA-CODIS, vous pensez retourner sur le terrain ?

Le CTA-CODIS représentait en effet une étape que je voulais valider dans ma carrière de sapeur-pompier professionnel, et l’opportunité s’est présentée. C’est un poste que j’apprécie, qui m’a beaucoup appris et qui continue de m’apprendre tous les jours. Mais oui, je souhaiterais un jour retourner en caserne, car c’est là que je suis le plus à l’aise sur le plan professionnel.

Comptez-vous continuer votre carrière sportive ?

Oui, je figure encore sur liste des sportifs de haut niveau. J’ai encore des échéances internationales à venir, et j’aime toujours autant ce que je fais.
Je prépare actuellement les championnats du monde sur format courte distance qui se dérouleront à Abu Dhabi en novembre.

N’est-ce pas trop compliqué à gérer au quotidien avec votre vie personnelle ?

Si, complètement. Après, j’ai la chance d’avoir une compagne qui est aussi très sportive et avec qui je peux partager cet aspect de ma vie. C’est un mode de vie qui devient plus facile à tenir lorsqu’on est deux à partager le même état d’esprit.

Date de publication mardi 09 septembre 2026